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« Témoin de l’œuvre de Dieu dans les cœurs »

Bruxelloise, Chantal de Jonghe, Religieuse du Sacré-Cœur de Jésus, est arrivée au sein de la communauté de Joigny il y a cinq ans. Elle assume pour la troisième année la responsabilité du Centre Spirituel Sophie Barat. Rencontre !


En quoi consiste votre responsabilité ?


Il s’agit essentiellement de permettre au Centre de vivre sa double mission : être, au sein de la maison natale de Sophie Barat, un lieu source pour la Congrégation et un centre spirituel ignatien. Nous accueillons des retraitants individuels ainsi que de nombreux groupes. Le Centre totalise environ 3300 nuitées par an, parmi lesquelles près de 150 retraitants individuels pour des séjours de trois jours et plus (jusqu’à 30 jours pour les Exercices Spirituels) et plus de 60 groupes. J’effectue donc tout un travail d’organisation, de planification et de coordination entre les demandes extérieures et le programme des activités propres au Centre. Avec les sœurs de la communauté, nous animons les groupes qui le souhaitent et nous répondons également aux demandes d’accompagnement spirituel des personnes.


Qu’est-ce qui vous touche dans cette mission ?


J’aime beaucoup la mission du Centre. C’est une joie d’être témoin de l’œuvre de Dieu dans les cœurs. Par exemple, les couples qui participent à une retraite sont amenés parfois à échanger sur des sujets dont ils parlent rarement entre eux. Ils trouvent ici l’occasion de prier ensemble et de partager le fruit de leur prière. Ils libèrent l’Esprit Saint qui est en eux. Autre point très positif : c’est une mission communautaire. Chaque sœur de la communauté participe vraiment à la vie du Centre, ce qui nous oblige à beaucoup de vérité, de simplicité et d’accueil entre nous, ainsi qu’avec le personnel et les bénévoles laïcs qui nous sont une aide précieuse. Les visiteurs sentent tout de suite si le climat de la maison est fraternel ou non. J’essaie d’organiser le travail de façon à ce que chacune puisse donner le meilleur d’elle-même et s’épanouisse sans dépasser ses forces.


Qu’est-ce qui fait la particularité du Centre Sophie Barat ?


C’est la maison natale de notre Fondatrice, Sophie Barat. Les bâtiments ont été peu remaniés et n’ont pas été transformés en musée. La congrégation s’est installée ici à la suite de la famille Barat. La maison a conservé son aspect familial. Elle possède un charme agréable avec ses petites pièces typiques, son grand jardin au cœur de la ville. Les repas sont soignés et cuisinés « maison ». À Joigny, nous sommes aux portes de la Bourgogne, entourées par les coteaux et les vignes où Sophie aimait se promener. L’Yonne traverse la ville et il fait bon se promener le long de ses rives. Le site invite à la prière et à l’intériorité. Nous ne sommes pas loin de Paris : par l’autoroute ou le train, la ville est facilement accessible. C’est un véritable atout !


En réalité, Madeleine-Sophie est bien vivante ici ! Je crois qu’elle tient à ce que la maison ait un rôle au service de la Congrégation, et elle s’en charge ! Ainsi, nous avions quelques soucis quant à la mise aux normes des installations de la cuisine, avec des implications financières ingérables qui auraient pu conduire à la fermeture du Centre. Et voici que l’aide est venue de manière inattendue ! Nous avons ainsi pu bénéficier des fonds pour nos travaux. Des signes, comme celui-ci, me donnent confiance dans le désir de sainte Madeleine-Sophie de voir sa maison toujours ouverte et accueillante pour permettre la poursuite de son œuvre et donner à ceux qui y viennent l’occasion de découvrir l’amour du Cœur du Christ.


Comment vivez-vous, ici, la mission du Sacré-Cœur ?


Le Centre met en œuvre les moyens donnés par Madeleine-Sophie Barat pour la mission, en particulier les retraites et les accompagnements spirituels. Dans la mesure où chaque sœur de la communauté est unie au Christ dans sa vie personnelle, chacune trouve sa place, que ce soit dans l’accompagnement spirituel, l’accueil ou les travaux matériels. Chacune sait prêter une oreille attentive et prendre le temps de l’écoute pour accueillir la personne qui séjourne dans la maison. Nous vivons ainsi notre charisme « d’union et conformité au Cœur du Christ », pour reprendre les mots de Madeleine-Sophie.


Quelles réalités la mission du centre vous fait-elle découvrir ?


Ma mission est très gratifiante et je suis heureuse de vivre ici. Après avoir fait toute ma carrière comme enseignante au Centre Scolaire du Sacré-Cœur à Jette (Belgique), cette responsabilité m’ouvre à de nouvelles perspectives. Nous vivons la dimension internationale de la congrégation avec les visites individuelles ou de groupes du monde entier, du Japon à l’Australie, en passant par le Canada et le Tchad. Nous recevons des anciens et anciennes élèves de Tokyo ou de Grand Coteau aux États-Unis, des groupes de professeurs d’Autriche, le réseau international des écoles, les probanistes de la congrégation [religieuses qui se préparent à prononcer les vœux définitifs]. De nombreuses sœurs de tous pays aiment prendre ici un temps de pèlerinage et de retour aux sources.


Plus qu’avant, s’exprime le besoin de revenir à la source de Madeleine-Sophie, sur les lieux mêmes où Dieu a travaillé son cœur et où elle a mûri le projet de donner sa vie à Dieu. Il se vit également un réseau entre nos différentes communautés de France et de Belgique qui envoient ici des retraitants, souvent de jeunes adultes désireux de prendre un temps de discernement. Au Centre Sophie Barat, la vie est quelque fois éprouvante : c’est une œuvre commune et exigeante, qui demande d’être tout le temps ouverte aux imprévus. J’espère que des jeunes sœurs et des laïcs pourront reprendre le flambeau pour vivre cette mission qui correspond bien aux besoins d’aujourd’hui.


Propos recueillis par FM