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Sainte Philippine : une femme qui sait aimer

Sr Anne Catherine, sœur du Cénacle, à l’occasion d’un pèlerinage sur les pas de Philippine, l’ a présenté comme une femme qui sait aimer, et nous invite à sa suite à apprendre à aimer, à aimer, à nous laisser aimer.

Voici des extraits de son témoignage.

Philippine a su aimer des personnes de diverses origines et cultures :

- Sa famille : ses cousins, à qui elle continuera d’écrire et d’être présente par la pensée et la prière, malgré les distances et les aléas de la vie... La visite de sa nièce aux USA, alors qu’elle peine pour la mission et se sent si loin de ses proches, sera un « baume vivifiant ».

- Ses sœurs : notamment Sophie Barat à qui elle reste liée par une grande affection fraternelle. -Des pauvres : pendant la Révolution en France, elle visite les prisonniers ‘heureuse de perdre la vie dans l’exercice de la charité’(…) Une fois arrivée aux USA, elle aime tellement les esclaves qu’elle refuse, avec ses sœurs, d’en employer pour les travaux de maison alors que d’autres religieuses le font.

- Des prêtres : par exemple, l’évêque qui les appelle aux USA et pourtant ne leur facilite pas toujours la mission une fois sur place. - et tant d’autres !

Son cœur s’est élargi, pour communier à la vie de chacun, jusqu’à devenir de plus en plus « grand comme le monde », de la France aux Etats-Unis !

Depuis que je suis sœur du Cénacle, c’est cet amour de Jésus pour toute personne qui m’a envoyée auprès de gens divers et variés et qui m’a appris à les aimer de plus en plus au nom de Jésus … Vous pourriez faire la liste pour vous aussi.(…) et voir comment le fait d’aimer Dieu élargit votre cœur et votre horizon(... )

Or, pour savoir aimer, pour pouvoir aimer à son tour, il faut sans doute d’abord se savoir aimé(e), se reconnaître aimé(e). C’est peut-être déjà une grâce à demander : celle de se laisser aimer tel que nous sommes, par Dieu, par les autres, par moi-même aussi...

Et ce qui (me) paraît fou, c’est que Ste Philippine a aimé les Indiens Potowatomis avant même de les connaître et de les rencontrer ! Elle avait entendu parler des Potowatomis par le prêtre à qui elle se confessait quand elle avait une dizaine d’années : il était missionnaire auprès des Indiens des USA et ses récits de mission ont éveillé son cœur à devenir religieuse pour donner sa vie par amour pour Dieu et à désirer partir au bout du monde pour y être martyre (…)A partir de là, elle regarde ces Indiens du bout du monde et les aime comme le Bon Dieu les voit et les aime : tous sont des enfants bien-aimés du Père, tous ont place dans le Cœur aimant de Jésus... Donc il faut qu’un plus grand nombre le sache !

Enfin, quand elle a 71 ans, son rêve de les rejoindre devient réalité, elle écrit alors : « nous sommes enfin sur les terres tant désirées » (cf. lettre à Sophie Barat, 21 juillet 1841).

Alors, je me suis interrogée si moi aussi, j’aimais des gens que je n’avais jamais rencontrés, dont j’avais seulement entendu parler (... )je crois qu’il y en a en effet.
Je suis sûre que vous pourriez, vous aussi, chacun, laisser venir des noms, des visages de personnes qui élargissent votre cœur, qui vous donnent un élan de vie, qui stimulent vos engagements pour les autres, pour le monde (...)

Ce que je vous souhaite aujourd’hui (ou plutôt à partir d’aujourd’hui) c’est de devenir de plus en plus (magis) des hommes et des femmes qui savent aimer parce qu’ils se savent aimés de Dieu, créés à l’image du Dieu Amour, donc rendus capables d’aimer comme Lui. C’est sans doute un peu fou, mais c’est « très bon » et c’est notre « chemin de sanctification », comme dirait le Pape François, alors « réjouissons-nous et exultons » de « la joie de l’amour » !

Sr Anne-Catherine, sœur de ND du Cénacle