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Laure, volontaire aux Philippines

Laure, 20 ans, étudiante en sciences politique à Nancy, est partie un mois à Ormoc, une des îles les plus pauvres des Philippines.


Je suis partie avec enthousiasme en Asie, sur une petite île philippine à la campagne, pour une durée d’un mois. Et je ne cesse depuis de repenser à un nouveau départ.

La première chose qui m’a marquée a été l’accueil reçu sur place, les enfants de l’école m’attendaient et m’avaient préparé un petit spectacle, leurs bras étaient remplis de fleurs pour moi et les professeurs m’ont bien vite habituée à un chaleureux Welcome. Tous étaient heureux de ma présence alors que nous ne nous connaissions pas encore ; l’émotion m’a vite gagnée devant tant de joie et d’espérance et après un si long voyage.


Même si mon activité n’était pas très dense, j’ai appris à passer du temps avec les Philippins qui vivaient près de moi, à les connaître et ce sont finalement tous ces échanges si riches que je garde le plus de ce séjour. Les questions fusaient des deux côtés et les découvertes étaient passionnantes. Peu à peu, les enfants sont venus vers moi, ont surmonté leur timidité et les sourires, les gestes ont permis de dépasser les barrières du langage ou de nos cultures si différentes. J’ai été bouleversée par l’émotion des petites filles la veille de mon départ, et j’ai réalisé combien elles avaient besoin d’affection, et combien notre chemin avait finalement été fructueux, nous avions réussi à nouer une vraie relation. Je garde les visages de ces enfants si beaux dans mon cœur et ne pourrai jamais les oublier.

J’ai été émerveillée de pouvoir me déplacer avec la Sœur et de voir les rizières d’Asie et les paysans qui travaillent dur dans les champs, la lumière du jour déclinant sur les montagnes bleues et les buffles noirs. Cette nature si belle était une grâce de Dieu à mes yeux dans un pays où la pauvreté reste une réalité pour la population. Les enfants qui viennent de très loin pour fréquenter la petite école, et leurs familles qui n’ont rien et nous accueillent toujours à bras ouvert lorsque nous venons leur rendre visite m’ont impressionnés.

Avec les professeurs de l’école qui avaient mon âge, je garde en particulier un souvenir magique et très fort. Un soir, je suis allée dormir chez une des professeurs dans sa famille à la campagne, loin de la petite école des Sœurs. Ce jour-là, j’ai beaucoup reçu. Accueillie dans une famille très pauvre, le choc a été pour moi énorme mais l’expérience très belle et inoubliable. La famille vivait dans une toute petite maison, deux pièces, un lit pour trois, pas de toilettes, à peine un évier crasseux au-dessus duquel pendaient les découpes de cochon et surveillé par un gros chien noir. Les animaux sales étaient présent partout et me dégoûtaient : chiens, chatons, souris, cafards, moustiques et puces... J’avais très peur d’être malade et ne cessait de repenser au confort de ma chambre chez les Sœurs. Mais leur attention m’a touchée, le petit village était très beau, et les gens me saluaient, se retournaient sur mon passage pour discuter, me demander d’où je venais, et surtout pour me sourire. Ils étaient si fiers que je sois venu jusque chez eux ! Le repas servi fut délicieux, jeux de cartes avec la famille et découverte de la vie philippine locale, promenade en haut d’une montagne pour le lever de soleil, premiers pas dans l’eau du Pacifique, découverte de la noix de coco ouverte à même le sol, délice ! et sourires, joies à chaque instant. Je suis rentrée de cette « overnight » transformée par leur gentillesse, leur accueil si simple mais si beau et que nous sommes souvent bien loin de savoir donner dans nos propres pays.

Désormais en repensant à ce volontariat, j’ai l’impression d’avoir beaucoup appris et sans doute de me connaître mieux moi-même à travers la découverte de la pauvreté et des Philippines. Être seule au bout du monde permet de connaître ses limites, ses peurs et ses faiblesses mais aussi de se dépouiller pour pouvoir vivre pleinement l’instant présent. Aux Philippines j’ai appris que « chaque jour est un cadeau », qu’on se devait donc de le vivre avec plein de reconnaissance et de joie pour ce qui nous était offert. Aujourd’hui c’est finalement ce que je cherche le plus à retenir et à mettre en application dans ma vie quotidienne.

Laure


Contacts pour partir :

De un à deux mois :
Roselyne Sernési, Religieuse du Sacré-Cœur de Jésus
volontariatsacrecoeur.court@rscj.com
Tél. : 00 33 (0)6 02 28 74 06

De deux mois à deux ans :
Claude Deschamps, Religieuse du Sacré-Cœur de Jésus
volontariatsacrecoeur.long@rscj.com
Tél. : 00 33 (0)06 22 41 53 05