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Parcours migratoires, parcours d’espoir...

Retrouvez chaque mois le portrait de personnes qui nous convoquent à l’émerveillement et la prière.
Si vous aussi, vous voulez nous partager un récit, vous pouvez nous l’envoyer !

Ce 1er portrait naît d’une belle amitié entre cette famille iranienne et nos sœurs qui ont vécu à Amiens...

Un jeune iranien en danger de mort dans son pays pour son opposition au régime, décide de fuir avec sa femme et leur petite fille de 4 ans. Ils se trouvent, une cinquantaine avec des passeurs à qui il faut obéir au doigt et à l’œil… On les emmène en camion jusqu’à la frontière avec la Turquie.
La montagne franchie, des camions blindés les amènent à Istanbul, ils ne voient rien mais ils entendent les oiseaux et se sentent libres. Là, ils doivent être prêts à obéir au 1er appel téléphonique, ils sont amenés au bord d’un cours d’eau, qu’il faut traverser dans des bateaux gonflables pour 8 personnes et ils y montent à 25. La traversée dure 3 heures ; ils sont en Grèce et tout de suite il faut se mettre à courir à travers une jungle pour échapper à la police Grecque pendant des heures. Ensuite en route vers Athènes. Les quelques jours dans cette ville, ils vont dormir et préparer la suite du voyage c’est-à-dire se procurer des faux passeports. Ils prennent l’avion pour Paris mais ils sont séparés et c’est seulement à l’arrivée qu’ils se retrouvent. A Paris, on les met dans un train pour Amiens. C’est la fin d’octobre ; le voyage a duré un mois.
A Amiens, 4 mois d’errance d’un hôtel à l’autre, dans une petite chambre où on ne peut pas cuisiner, il fait froid et enfin le PARADIS ! Un petit appartement, une indemnité mensuelle, cartes de bus, CMU, une école pour la petite fille qui apprend vite le français, les parents s’y mettent aussi. Après quelques mois, convocation à l’OFPRA – Office Français pour la Protection des Réfugiés et Apatrides – journée très dure et au bout de 5 mois, réponse négative ; ils préparent l’appel à la CNDA – Cour Nationale de Demande d’Asile- Des amis les aident à payer l’avocat et l’audience se déroule, c’est très pénible : on les bombarde de questions, on les soupçonne de mentir et 3 semaines plus tard c’est encore un refus.
Il faut vite préparer un recours. Pendant près de 3 ans ils seront logés chez des amis, puis à la paroisse. Le recours à l’OFPRA est de nouveau rejeté et on lance un 2nd appel à la CNDA, un an d’attente, on n’y croit plus et…le MIRACLE ils sont reconnus réfugiés politiques ! Le tout aura duré 5 ans et demi.
Dès qu’ils ont eu l’autorisation de travailler, il fallait trouver quelquechose ; la première piste est à Paris, dans une boulangerie...C’est Miad qui a été embauchée. Elle est heureuse et fière de travailler même si ce voyage quotidien est éprouvant. Son mari, architecte de métier a accepté de s’orienter vers les professions de santé ; pour le moment il attend le résultat de l’examen d’aide-soignant.
Vous pouvez continuer à les porter dans votre prière !

​Brigitte Tribot-Laspière, rscj