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Les archives provinciales, un patrimoine vivant

Les archives des Religieuses du Sacré-Cœur sont situées à Poitiers, dans la maison la plus ancienne de France, fondée en 1806. Elles recueillent l’histoire et la vie d’une centaine de maisons ou de communautés, depuis les origines en 1800 jusqu’à aujourd’hui.


En quoi consiste le travail de l’archiviste ? Elle recueille les documents, les trie et les classe, fait en sorte qu’ils puissent être facilement communiqués. Les demandes sont nombreuses et variées. Elles sont souvent d’ordre historique, mais ont aussi parfois une utilité administrative. Voici quelques exemples.


« Je crois que ma petite sœur était en classe maternelle chez vous à Poitiers en 1958. Pourriez-vous vérifier ? » Les registres confirment immédiatement. Cette petite fille est aujourd’hui une dame atteinte d’un cancer grave. Quelques photos des lieux lui apporteront un réconfort supplémentaire.


D’une congrégation religieuse japonaise : « Notre fondatrice aurait eu 100 ans cette année. L’évêque l’a envoyée se former à la vie religieuse chez vous en France. Qu’est-ce qu’elle a vécu dans ce noviciat ? Quelle formation a-t-elle reçue ? Quel genre de personne était la maitresse des novices ? Avez-vous des photos ? » Le journal du noviciat avait relaté en détail la prise d’habit et le premier engagement, et – chose rare à l’époque – il y avait plusieurs photos.


Le lycée Victor Duruy (Paris) s’apprête à célébrer le centenaire de sa fondation en 2012. Mais il a bonne mémoire et sait qu’il avait pris la place d’un couvent prestigieux, connu sous le nom d’Hôtel Biron. L’idée vient d’une exposition qui retracerait toute cette histoire. Un professeur de maths et le jardinier, à peine retraités, viennent passer une journée à Poitiers. Tout d’abord ils veulent clarifier la nature des divers lieux. Le Lycée actuel occupe l’ancienne Maison-Mère du Boulevard des Invalides, construite sur la vaste propriété du pensionnat. Mais le petit pensionnat était souvent invité à rejoindre sainte Madeleine-Sophie sous un cèdre devenu légendaire, et par la suite un externat fut construit dans le prolongement de la Maison-Mère.


Quel type d’éducation recevaient ces jeunes filles ? On l’entrevoit à travers un ancien bulletin, une feuille de compte, les rubans de mérite, le journal de l’externat, le tout agrémenté de photos parfois pittoresques : c’est tout un monde sympathique et ouvert qui se révèle. Et c’est toute une réflexion sur l’éducation des jeunes filles qui s’engage et se concrétise dans la publication d’un livre sous la direction d’un professeur d’histoire.


L’éducation est un fil conducteur dans l’histoire des Religieuses du Sacré-Cœur. Avec le Concile Vatican II et l’apparition des contrats qui apportent une aide substantielle du gouvernement, de profondes transformations s’opèrent. Un simple regard sur les boites d’archives en témoigne. De nombreuses assemblées se penchent sur nos relations avec les laïcs, leur participation et prise de responsabilité de plus en plus grandes, la mise en place d’un régime de tutelle (qui a d’ailleurs maintenant ses propres archives). Le nombre d’élèves par établissement passe progressivement de 150 à plus de 1000. Il faut transformer ou construire de nouveaux bâtiments…


À cela s’ajoutent de nouvelles rubriques reflétant les formes que prend aujourd’hui notre mission éducatrice. Comment allons-nous en rendre compte aux générations futures ? Le papier reste le support le plus fiable pour les archives…


Maryvonne Duclaux, rscj