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Marie : « Considérer chacun selon son éducation et sa culture »

Marie, Religieuse du Sacré-Cœur de Jésus, a été maîtresse des novices pendant huit ans en République Démocratique du Congo. De passage au sein de la communauté des Potiers à Bruxelles, elle évoque ses anciennes responsabilités et partage les temps forts de son séjour bruxellois.


Qu’est-ce qui a caractérisé votre mission au service du noviciat en RDC ?


J’ai travaillé au noviciat de 2003 à 2011, où j’ai formé une dizaine de sœurs. C’est un travail noble, avec de nombreuses responsabilités. Pendant tout ce temps d’accompagnement, je me suis aussi formée auprès des jeunes qui m’ont été confiées. J’ai beaucoup appris, car le travail est sans cesse à personnaliser. Il demande beaucoup d’énergie intellectuelle autant que d’esprit pratique. Il faut être tout le temps disponible pour les novices et pour leurs communautés. J’ai appris à donner, à rendre service et à actualiser mes connaissances. À chaque fois que l’on prépare un cours, il faut l’adapter en fonction du vécu et de la réalité d’aujourd’hui. Il faut aussi vraiment considérer chaque personne selon son éducation et sa culture.


Dans quel contexte la formation au noviciat s’inscrit-elle ?


En ce moment, notre pays a besoin de nombreux éducateurs. L’instruction initiale a presque disparu, les familles ont démissionné et il y a beaucoup à recréer. L’éducation est capitale pour les jeunes ! Au noviciat, la formation reprend les bases chrétiennes et les bases de l’éducation à la vie, de façon à ce que les jeunes acquièrent un solide bagage et qu’elles sachent ensuite accompagner les autres, et travailler, en particulier, au sein des écoles.


Qu’est-ce qui vous touche dans l’accueil à la communauté de Bruxelles-Les Potiers ?


Je ne suis pas dépaysée de me retrouver là ! Les sœurs d’ici et moi sommes de la même communauté des Religieuses du Sacré-Cœur de Jésus. Certes la culture est différente. Je remarque qu’ici le temps est programmé et très organisé. C’est une autre manière de penser et d’agir. Mais nous vivons toutes dans la même maison et chacune est vraiment respectée. Par les nombreux échanges à table et autres, la possibilité de progresser est offerte. Il y a toute une formation spirituelle dans la manière de préparer la prière par rapport à l’actualité quotidienne et par le partage de chacune, très simple et ancré dans son activité apostolique. Je sens que cela me fait beaucoup grandir, cela me donne une ouverture plus large et m’aide à vivre l’internationalité de la congrégation. Même si nous ne sommes pas toutes du même pays, nous vivons ensemble dans la paix et dans la joie !


Qu’est-ce que ce « vivre ensemble » dit de la spiritualité du Sacré-Cœur ?


Je peux dire que cette diversité dans la manière agir, de penser, chacune selon sa culture, et ce partage communautaire ouvert est une richesse qui caractérise vraiment le Sacré-Cœur. Je peux me mettre à chanter, tout le monde sera content ! Nous apprenons beaucoup les uns des autres, c’est ce qui nous permet d’entrer dans le cœur du Christ.
 


Propos recueillis par FM