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Hedwige : « C’est la prière qui permet de tenir »

Hedwige de Cadolle, Religieuse du Sacré-Cœur de Jésus, a travaillé pendant trente-six ans parmi les pauvres, dans un dispensaire en Haute-Égypte. Son expérience de vie lui a permis de se rapprocher du Seigneur.


« J’ai toujours été prise par l’amour du cœur du Christ : c’est ce qui m’a attiré dans la congrégation des religieuses du Sacré-Cœur de Jésus. J’avais aussi un grand désir de vivre au milieu des pauvres. » Hedwige de Cadolle, RSCJ, a grandi en découvrant le Sacré-Cœur tout au long de sa scolarité montpelliéraine. Elle fait sa profession perpétuelle au sein de la congrégation en juillet 1958 et œuvre à Rome, au service de l’économat de la maison mère pendant quinze ans. Alors que la congrégation se réorganise, elle manifeste son vœu intérieur : partager le quotidien des populations les plus défavorisées. Au Caire qui lui est proposé comme destination, elle dira non. Préférant les plateaux reculés du sud à la capitale égyptienne.


Un lieu d’accueil, d’écoute et de soin en Haute-Égypte
« J’ai travaillé dans un dispensaire parmi les pauvres dans une zone très rurale. Les conditions de vie étaient vraiment rudimentaires ; ça a changé ma vie ! » Pendant trente-six années, Sœur Hedwige a été active auprès d’environ trois cents personnes par jour en grande majorité musulmanes, qui se présentaient au dispensaire tous les jours dès 6 h 00 du matin et jusque dans le milieu de l’après-midi. Là, écoute et amour donnés gratuitement faisaient intégralement partie des soins. « Je reste extrêmement frappée par les femmes désespérées qui tentaient de se suicider par le feu. Lorsqu’elles arrivaient chez nous, elles savaient qu’elles allaient vers la mort. L’amour est la seule chose que nous pouvions donner. »


Aimé et être aimé
De ces rencontres et du quotidien au sein d’une communauté internationale, Sœur Hedwige retient l’apprentissage d’un regard différent sur le monde et les évènements, ainsi que l’apprentissage de la patience. Peu à peu, elle réalise aussi ce désir commun à toute personne humaine, quelles que soient les cultures et les religions : aimé et être aimé. « Cette expérience m’a rapproché du Seigneur, j’ai prié pour toutes les personnes que j’ai soigné. C’est la prière qui, au fond, permet de tenir. Si on ne vit pas profondément attaché à l’amour du Christ, on ne peut pas supporter de voir toutes ces souffrances. »


Une soif d’ouverture intarissable
Jusqu’à la fin de sa vie, Sœur Hedwige s’est réjouie de l’ouverture de la Province de France et de l’élargissement des façons de penser. Au sein de la Roseraie à Montpellier, où elle résidait, elle aimait se rendre sur le site international des Religieuses du Sacré-Cœur, accueillir les échos de vie des autres Provinces et les partager avec toute sa communauté.
 


FM