Témoignages >

Françoise : « L’humanité est la même partout »

Françoise Greffe, Religieuse du Sacré-Coeur de Jésus, a été appelée à différentes missions qui l’ont conduite à parcourir la planète. Elle en retient quelques moments forts.


« La première fois que j’ai entendu la première phrase des Constitutions citée par une Religieuse du Sacré-Coeur Australienne, avec son bon accent, -Cette petite Société est toute entière consacrée au cœur de Jésus-, j’ai réalisé que le cœur de son cœur était comme le mien. J’ai été très émue », se souvient Sœur Françoise Greffe. C’est lors de sa probation à Rome, au début des années soixante-dix que Sœur Françoise vit sa première expérience d’internationalité au sein de la congrégation des Religieuses du Sacré-Cœur de Jésus. « Nous étions cinquante de dix-huit nationalités différentes. C’était très bousculant ! J’ai commencé à me rendre compte que ce qui me tenait le plus à cœur, pouvait avoir des expressions très différentes ! » confie-t-elle.


Tour à tour maitresse des novices, capitulante ou dans les services de Chapitres généraux, ou encore comme Provinciale de France, les rencontres de Sœur Françoise avec les cultures et les peuples de différents pays sont riches, diverses et variées. Tout en rappelant que la dimension internationale de la congrégation en est constitutive, car elle a été pensée ainsi dès sa fondation par Sainte Madeleine-Sophie, pour Sœur Françoise il s’agit avant tout de « tisser des liens avec les plus proches et avec les plus lointains ». Des liens qui nourrissent une prière quotidienne et inspirent la louange.


Voir
« Il est très intéressant de vivre quelques temps dans un pays dont on ne connait pas la langue, cela force à un regard contemplatif », témoigne Sœur Françoise. À la fin des années quatre-vingt, elle est maîtresse des novices. Afin de découvrir la formation dispensée dans un pays d’Amérique Latine, elle part visiter le noviciat du Nordeste du Brésil et fait l’expérience des favelas grâce à ses sœurs Brésiliennes. Là, la dignité, la propreté et la pudeur des pauvres de la terre sont frappantes. Leur accueil l’est tout autant surtout dans un contexte si démuni de tout.


« L’internationalité de la congrégation offre la chance de voir sur place ces situations de vies et de les approcher un peu, même sans pouvoir les comprendre vraiment. Elle permet aussi de lutter contre nos préjugés. » Brésil, Côte d’Ivoire, Corée, Philippines, Pologne, Ouganda, Tchad, Pérou, Égypte, États-Unis, quand Sœur Françoise n’est pas en déplacement, cela l’aide à accueillir en France. Et lorsqu’elle donne les exercices spirituels de saint Ignace, elle se rend compte qu’au-delà des différences de langues ou de cultures, « l’humanité est la même partout. Quand une personne descend en profondeur, à l’écoute de la Parole de Dieu, elle rencontre les mêmes résistances ou les mêmes appels à la vie. Toute culture, avec ses points forts et ses points faibles, a besoin d’être évangélisée, convertie. »


Comprendre
Mais il est parfois des affrontements délicats avant de considérer les différences comme une richesse. Le Chapitre général de 1982 qui s’est livré à la réécriture des Constitutions, a mis en évidence de grands écarts dans la signification des termes employés par les religieuses des différentes provinces, avec des points de vue irréductibles. Derrière des mots qui semblent simples, ce sont des mentalités qui se révèlent. Au sujet de cet extrait, La religieuse a une responsabilité qu’elle ne peut abdiquer Sœur Françoise s’exclame encore : « Quel terme fort, apporté par les Américaines. Jamais une Française ne l’aurait choisi ! Et pourtant, après le premier choc, quel apport ! Sur le moment, j’étais très étonnée par l’expression, mais tout ce passage sur l’esprit du gouvernement est remarquable tant du côté théologique que du côté humain. Il a été un appui très solide tout au long de mon mandat de Provinciale. »


Aimer
Au sein de la communauté de Villejuif, Sœur Françoise côtoie aujourd’hui des Sri-lankais, des Chinois, des Africains, des personnes de toutes conditions et de tous âges. « Lorsque nous traversons la cour de l’immeuble, les enfants nous sautent au cou ! La spiritualité du Sacré-Cœur nous appelle à aimer et à être aimées par toutes sortes de personnes, sans frontière. L’amour du Christ est pour tous ! Notre spiritualité est humanisante. Tout ce qui concerne l’homme, la femme et les enfants nous concerne. Il ne s’agit pas d’en parler tout le temps, mais de l’incarner modestement dans notre manière de vivre et de nous situer dans les relations à travers les petites choses du quotidien. C’est une proximité avec les gens et une capacité à recevoir d’eux. Cette diversité, qui existe dans la nature et dans la Création, se retrouve dans les cultures et l’on ne peut qu’en rendre grâces à Dieu. »


FM