Témoignages >

Brigitte : « Je ne me suis jamais sentie dépaysée »

Grâce à ses différentes missions, dont plus de vingt années passées en Afrique, Brigitte Tribot-Laspière, Religieuse du Sacré-Coeur de Jésus, a goûté intensément la façon dont le charisme de sainte Madeleine-Sophie se vit d’une culture à l’autre.


« J’ai eu beaucoup de chance ! J’ai vécu de belles et riches expériences à travers le monde. Aujourd’hui, une planisphère est toujours accrochée sur les murs de ma chambre », indique soeur Brigitte Tribot-Laspière. C’est à Paris, que sœur Brigitte alors jeune professe, découvre la dimension internationale de la congrégation des Religieuses du Sacré-Cœur de Jésus. De nombreuses sœurs de tous pays sont en effet continuellement accueillies au sein de la communauté parisienne. Ces rencontres sont des premiers leviers vers de nouveaux échanges. « Lorsque je suis arrivée à Rome pour ma probation, j’ai pu dire à chacune des quarante jeunes femmes que je connaissais quelqu’un de son pays ! »


Membre de l’équipe internationale de formation des jeunes sœurs, avec une Anglaise et une Brésilienne, sœur Brigitte parcourt, au début des années 70 et pendant trois ans toute l’Europe, elle se rend aussi à Taïwan, en Corée, aux Philippines, au Japon et aux États-Unis. « Je ne me suis jamais sentie dépaysée, partout j’étais chez moi. Plus profondément, j’ai gouté intensément de saisir comment le charisme de sainte Madeleine-Sophie était vécu selon une autre culture. » Finalement c’est en Afrique, en République Démocratique du Congo (alors Zaïre), puis au Tchad qu’elle pose ses valises.


Découvertes africaines
Sœur Brigitte reste sept ans au Zaïre. Là, elle est la seule Française dans une communauté africaine où elle participe à la formation des jeunes femmes qui souhaitent entrer dans la congrégation. Ce qui la marque le plus, outre la bonne volonté des jeunes et leur accueil de l’enseignement ? « Ah, la beauté des offices liturgiques ! Du point de vue des chants et des danses surtout, j’en ai encore le souffle coupé ! Lors des processions les jeunes femmes dansaient comme des lianes dans le vent pour rendre gloire à Dieu. Il y avait aussi des petites filles habillées en rose, que l’on les appelait les anges. Elles restaient près de l’autel et leurs mouvements accompagnaient toute la célébration. »


Au Tchad, où elle se rend ensuite pour enseigner la langue française et l’espagnol, sœur Brigitte recrée un groupe de jeunes danseuses. Là, « les petites filles bleues » participent aux messes des enfants. Mais elles sont moins gracieuses que les petites zaïroises, leur culture est toute autre. Sœur Brigitte a quitté une terre chrétienne et couverte de forêts pour rencontrer une terre musulmane et désertique. Elle vit au Tchad pendant seize années au sein d’une communauté internationale avec des sœurs Ougandaises, Égyptiennes, Allemandes, etc.


Au-delà des frontières
Les barrières et les préjugés sont tombés. « Je crois que ces expériences me donnent une espèce de libération. J’ai touché la nature humaine sous toutes ses facettes, et toutes sont estimables, aimables. Et surtout, j’ai découvert à quel point la spiritualité du Sacré-Cœur apprise dans ma culture française est transmissible et vécue dans d’autre culture. Aussi, lorsque nous évoquons l’intériorité, les sœurs Indiennes parlent, elles, de la grotte du cœur. C’est le même esprit ! »


Aujourd’hui, sœur Brigitte réside au sein de la communauté d’Amiens, où elle retrouve le monde missionnaire. Elle accompagne une jeune congolaise qui prépare le sacrement de la confirmation, fait du soutien scolaire auprès d’une jeune arménienne, et accueille des famille de détenus. Et dans sa prière des chants africains lui reviennent.
 


FM