Récits de vocation >

« Une rencontre très forte avec le Seigneur »

C’est autour d’une tasse de Ricorée, qu’Amélie, jolie brune de vingt-six ans, en première année au noviciat de la communauté de Lille, cherche ses mots. Les mots justes pour dire son parcours. Posée, elle dit pourtant balbutier. L’exercice est nouveau pour elle. Depuis presque dix ans, elle tait son appel à la vie religieuse, afin de laisser son désir grandir et mûrir en toute liberté.


Originaire des Yvelines, Amélie a suivi des études en psychologie pour « comprendre et écouter l’homme, ses blessures, son comportement ». Au moment de son entrée en Fac, elle vit « une expérience spirituelle très forte de l’amour de Dieu. La vie religieuse m’est apparue comme une évidence, comme le chemin qui me rendrait heureuse. » Bien qu’engagée dans sa paroisse et au sein des Scouts et Guides de France, elle n’a qu’une représentation vague de la vie d’une sœur et n’a absolument jamais entendue parler des religieuses du Sacré-Cœur !
Avec le groupe « vocation » de son diocèse, elle fait ses premières découvertes.


La Licence de psycho en poche, Amélie part un an en volontariat international. Elle rejoint une communauté de Salésiennes à Madagascar et s’occupe d’enfants. Ce qu’elle en retient ? « Des façons de faire et de voir qui déplacent et qui permettent de remettre les évènements en perspective. » Alors qu’elle hésite à s’orienter vers l’éducation spécialisée, l’expérience la décide à poursuivre en Master de psycho, spécialité « enfants et ados ».


Pendant tout ce temps, Amélie a déjà discerné le choix d’un ordre apostolique pour être « directement inséré dans le monde » et celui de la famille ignacienne. Mais la voilà enfin psychologue et elle ne sait où se diriger. Son accompagnatrice lui présente les grandes congrégations féminines. Dès qu’Amélie voit la brochure des Religieuses du Sacré-Coeur de Jésus : « Ca a fait tilt ! Les mots étaient exactement les miens. Tout résonnait en moi ! » Patiente, Amélie se rend à une prière ouverte proposée par la communauté de Villejuif. « J’y ai fait une rencontre très forte avec le Seigneur, j’étais chez moi. »


Enfin en janvier 2009, Amélie quitte la région parisienne et, postulante, s’initie à la vie religieuse auprès de la communauté des Potiers à Bruxelles. Pour elle, c’est le grand départ, l’étape tant attendue : vivre ce qui la fait vivre depuis tant d’années au grand jour ! « L’importance de la vie communautaire et le fait que chacune soit pleinement responsable de sa vie » la marque particulièrement et la soulage. Et puis, elle exerce aussi son métier de psychologue pour la première fois et découvre « des chemins possibles pour rejoindre les autres ».


Aujourd’hui au sein de la communauté de Lille, elle est la seule novice en première année. Mais ni le nombre, ni l’âge des religieuses ne l’arrête, « c’est une réalité que je connais depuis longtemps ». L’essentiel pour l’instant est de « prendre vraiment le temps d’approfondir ma relation au Christ, de m’unir au cœur du Christ. J’essaie d’accueillir ce qui m’arrive, même si je n’en maîtrise pas toutes les dimensions. Ma responsabilité est de m’y investir. Tout le reste viendra après par ricochets. Le noviciat est un cadeau donné sur deux ans avant de prendre, ou non, un engagement ». Même si ce n’est pas tous les jours facile, Amélie assure être heureuse tous les jours, notamment grâce au soutien de la prière de la communauté, de la présence discrète, attentive et respectueuse des sœurs.


Visiblement heureuse, voilà encore ce qui rassure les proches d’Amélie, souvent étonnés par son choix. Entre les temps d’oraison personnelle, les partages et les rires des rencontres inter-noviciat, sa présence auprès des gens de la rue et des jeunes des quartiers défavorisés, les bruits de la ville et le calme du noviciat, Amélie n’aspire qu’à se rendre encore plus présente à Dieu. Oui, « c’est ça que j’ai envie de vivre. »


FM