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« Un amour fort comme la mort »

« Il y eut en moi l’émerveillement pour l’infiniment grand et l’infiniment petit avec une sorte de soif d’un feu intérieur vital... »


Découvrir la tendre miséricorde de Dieu fut un point fort de la vie de mes parents d’origine néerlandophone et francophone ; la joie du pardon s’expérimenta et le bonheur à cinq, et en famille élargie, avait une saveur de don de soi.


Découvrir Jésus comme un frère universel et solidaire vint un peu naturellement par l’engagement en famille auprès de personnes handicapées, mais aussi comme jeune dans les moments de services, dans diverses rencontres et fêtes internationales (SMJ, Kabylie, RMI, Taizé, Assise, Tamanrasset, Rwanda) et dans de belles et nombreuses amitiés.


Découvrir le Christ Jésus comme Maître doux et humble à écouter, regarder ; et POURQUOI PAS à suivre de plus près, s’éveilla lors d’une retraite avec mes parents où des paroles de T. de Chardin résonnaient mystérieusement au fond de mon être d’adolescente. Il y eut en moi l’émerveillement pour l’infiniment grand et l’infiniment petit avec une sorte de soif d’un feu intérieur vital... Plus beau encore fut le cadeau de Dieu, le soir de ma remise de diplôme universitaire scientifique, de m’avoir inspiré de partir une semaine à l’École d’oraison du père Caffarel à Troussures. Je sentis que j’allais enfin commencer à respirer !

Découvrir le Christ Jésus comme le Bien-Aimé mort et ressuscité à accueillir au cœur de mon cœur (encore agité et instable) et à qui me donner librement... Je fus séduite par des vies peu banales : celles des Frères Gabriel et Rodrigo dans le fameux film “MISSION”, celle de Thérèse de Lisieux dans le film de A. Cavalier. J’eus le bonheur aussi de rencontrer sur ma route, avec d’autres étudiants branchés catho, deux religieux authentiques, libres et contagieux (un homme – Ch. Deckers qui a rejoint le Père il y a bientôt 15 ans, assassiné par des extrémistes - puis une femme) engagés dans un service d’Église d’ouverture, et en dialogue avec le monde musulman. Recevoir d’eux de « bonnes adresses » m’a permis de m’orienter, malgré la première épreuve véritable de ma vie : la perte brutale de mon père.


Enfin vint l’étape où je pus découvrir l’Esprit-Saint dans sa beauté et sa force, l’Acteur par excellence dans la danse de l’Amour...


Cette découverte, je l’ai faite au sein d’une petite « communauté de base » multiculturelle, rassemblée par une fraternité de sœurs du Sacré-Coeur de Jésus dans le centre populaire et marginal de Bruxelles (la communauté des Potiers). Jeune professionnelle, j’y vivais, comme quelques autres jeunes en recherche de sens à donner à leur vie. Ce fut formidable ! Oui, j’allais aussi découvrir une communauté apostolique internationale d’éducatrices fondée par « une femme docile à l’Esprit » : sainte Madeleine-Sophie Barat. Je percevais également le secours libérateur des Exercices Spirituels de saint Ignace et de l’accompagnement ignatien, tout en trouvant mon centre dans le Cœur du Christ.


Maintenant que j’arrive à mes « noces d’étain » (10 ans de profession perpétuelle !), j’apprends encore et toujours à devenir Religieuse du Sacré-Coeur de Jésus avec mes soeurs, femmes de contemplation, de compassion, de communion et de réconciliation.


Ô joie de goûter jour après jour, la fidélité, la patience et la tendre miséricorde de notre Dieu Créateur et Père.



Bénédicte Goorissen, rscj