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« Que cherches-tu ? »

« Qui, mieux que Lui, invite à vivre pleinement l’humanité qui nous est donnée, dans toutes ses dimensions ? »


La vie, tout d’abord... la vie en abondance, le vivant... la joie, le bonheur !


Je l’ai cherchée dans la nature tout d’abord, dans la campagne où j’ai vécu, dans les arbres dans lesquels j’ai grimpé, dans les montagnes dauphinoises où je suis née, où j’ai marché avec d’autres... Dans l’étude du vivant ensuite, à travers les études de biologie que j’ai poursuivies pendant dix ans, passionnée de cette vie qui est capable, sous toutes ses formes, de naître de la mort, de mourir pour vivre davantage, autrement : micro-organismes, végétaux, souris, etc. ont été objets de mes recherches à l’Université et dans les laboratoires de l’École Normale Supérieure ou du CNRS.


Mais cette passion de la recherche, de la connaissance sans cesse renouvelée, du travail en équipe, ascétique parfois, pour apprendre ensemble, recevoir du vivant, ne me suffisait pas.


« Que cherches-tu ? » Mais qui es-tu, toi qui poses cette question à mon cœur ?
« Qui cherches-Tu ? » Est-ce cela que tu me demandes ? Qui me manque pour vivre complètement ?


Un Dieu souriant figuré dans le visage du Christ crucifié de Javier, qui annonce que la vie est une joie, malgré toutes ses fragilités, ses souffrances, ses risques... Qui annonce qu’Il est le Vivant, qu’Il nous aime, d’un Amour qui lui ouvre le Coeur et qu’Il nous invite à vivre de sa propre vie. Voilà comment mon chemin de recherche, mon amour de la vie s’est épanoui, s’est confirmé dans la rencontre et la suite du Christ Ressuscité.


Qui, mieux que Lui, invite à vivre pleinement l’humanité qui nous est donnée, dans toutes ses dimensions ? Qui, mieux que Lui, invite à prendre en compte toute la Création et tous les hommes ? Science et foi s’opposent ? Balivernes ! Elles tentent, par des chemins distincts, de rendre compte du mystère de la vie, même si nous ne sommes pas encore capables de tous les expliciter. Me voici devenue « chercheuse de Dieu » et de son Amour partagé à tous.


Mon laboratoire est désormais la vie quotidienne ; le Corps est cet espace vivant, dynamique, de la communauté apostolique des Religieuses du Sacré-Cœur. L’Amour infini et créateur du Christ, présent jusque dans la fragilité, nous cherchons à le découvrir et manifester. C’est lui la source de toute vie et de la construction de la personne.


Oui, Seigneur, ma joie est en Toi ; je Te suis sur tous tes chemins.


Noëlle Favet, rscj