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« J’ai compris que celui que je cherchais, c’était le Christ »

« Être pour les autres un chemin qu’on utilise et qu’on oublie » (Claudel).


De famille catholique, la question de la vie religieuse se posait naturellement. Ne sachant y répondre, j’avais décidé vers 14-15 ans « d’être pour les autres un chemin qu’on utilise et qu’on oublie » (Claudel). Cette disponibilité a marqué et marque toute ma vie. Certaines paroles de l’écriture ou de la liturgie « J’ai soif » (Jn, 19, 28), « Je vis, non pas moi, mais le Christ vit en moi » (Gal 2, 20), l’importance de la prière personnelle et de l’Eucharistie ont aussi marqué mon itinéraire sans qu’une décision soit prise. Chaque rencontre masculine qui aurait pu engager mon avenir, l’une d’elles très sérieusement, me refaisait poser la question, mais toujours pas de décision.


J’ai compris que celui que je cherchais, c’était le Christ.
Les études, les engagements dans le scoutisme et en paroisse, les nombreux amis, puis le travail remplissaient ma vie, en partie au moins. La vie continuait cahin-caha. Et un jour, brusquement, lors d’une petite visite dans une église, j’en avais l’habitude, j’ai compris que celui que je cherchais, c’était le Christ. La décision fut immédiate, confirmée ensuite par une retraite. (Étais-je vraiment prête à changer de décision ? Pas sur… mais pour rassurer un grand oncle jésuite, j’ai fait une retraite). Le choix de la congrégation prit encore du temps même si les grandes lignes du choix étaient reconnues : place de la prière et de l’Eucharistie, institut ignatien (mais je n’employais pas ce langage-là), désir missionnaire, éducation ou travail avec des jeunes, et surtout certitude que l’amour peut tout changer. Malgré l’avis de quelques religieux ou prêtres qui me décourageaient d’entrer dans la vie religieuse, j’ai frappé au Sacré-Cœur et y suis encore, heureuse d’y être.


Marie-Thérèse Deprecq, rscj